La femme moderne en Tunisie / Modern women in Tunisia

L’actualité des dernières semaines a porté mon attention sur la condition de la femme en Tunisie où se mêlent traditions religieuses et modernité. Il est clair qu’au sein du monde arabe, la femme tunisienne est une femme moderne, une femme qui a des droits. Au cours de  diverses lectures, j’ai découvert avec surprise par exemple le droit à l’avortement  accordé dès 1973, soit deux ans avant même la loi Simone Veil en France, ou encore l’implication des femmes dans la vie politique du pays puisque le Parlement compte 23% de femmes.

Dès l’indépendance de la Tunisie en 1956, Habib Bourguiba, alors président de la première République de la Tunisie instaure, non sans l’influence féministe de son épouse Wassila Ben Ammar, le code du statut personnel (CSP) afin d’assurer aux femmes des droits. Tels, le droit de vote et le droit de se marier librement, l’instruction, le droit de tutelle à la mère sur ses enfants mineurs en cas de divorce judiciaire. La polygamie est interdite et aucune discrimination n’est autorisée dans le monde du travail entre les hommes et les femmes. Habib Bourguiba va même jusqu’à interdire le port du voile dans un pays où l’Islam est pourtant religion d’État. (1)

Malgré la dictature de Ben Ali et le manque considérable de liberté d’expression qui régnait au sein du pays, il a pourtant poursuivi cette politique d’émancipation des femmes. Mais voilà, aujourd’hui à l’heure où la Tunisie se dirige vers une nouvelle phase de son histoire, nous pouvons nous demander si tous ces droits accordés aux femmes depuis l’indépendance de la Tunisie sont des acquis irréversibles ou si la Révolution du Jasmin peut les bouleverser ?

L’avocate et militante des droits de la femme Bochra Bel Haj Hmida témoigne par ailleurs son inquiétude sur le sort des femmes suite à la Révolution du Jasmin, en somme n’est-elle pas la porte ouverte à un endoctrinement sur l’infériorité de certaines femmes afin de prendre le pouvoir sur elles ? (2) Ont-elles la garantie qu’elles garderont les mêmes droits  dans le prochain gouvernement ? N’y a-t-il pas un risque d’une influence de certains pays où la Charia mène la vie des femmes désarmées et soumises ?

(1)  Habib Bourguiba: la trace et l’héritage, Michel Camau,Vincent Geisser (2004)

(2) Les droits des femmes en Tunisie: risque d’un déclin des acquis?

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Throughout the last several weeks media attention has been squarely focues on the « Jasmine Revolution » in Tunisia. For this reason I started to gather some information about the status of women in this country. Tunisia is the exception to the rule in the Arab World when it comes to the rights and position of women. Tunisian women are free, have rights, and can speak freely. I have discovered with some surprise that Habib Bourguiba, the first president of Tunisia since it gained its independance in 1956, established many rights for women: voting, education, abortion, and perhaps most shocking he banned the wearing of headscarves in public spaces. Ben Ali, in spite of the dictatorial nature of his regime, continued the policy of emancipation for women. Recently, however, some specialists (2) are wondering if the rights given to women almost 60 years ago are safe in the current political turmoil or could the « Jasmine Revolution » reverse the trend of women’s rights in Tunisia. It is important to point out that Tunisia is the only secular country in the Arab world while many others (Saudi Arabia, and Yemen for example) are governed under Sharia law, underwhich women are distinctly lacking in rights. The question arises: will Tunisia revoke the rights and freedoms awarded to women under pressure from other regional governments, or will Tunisia continue along its path of women’s rights and secularism?

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