L’envol des femmes…

L’actualité de ces derniers temps appelle forcément à quelques commentaires concernant l’affaire entre l’ex-directeur du Fonds Monétaire International, Dominique Strauss-Kahn, et cette jeune femme de ménage de l’hôtel Sofitel de New York City, Nafissatou Diallo. Il n’est pas nécessaire ici de revenir sur les détails de cette affaire au regard d’un nombre important d’articles dans les médias traitant des circonstances et de la description des faits. Cependant cette nouvelle a ravivé quelques troubles dans le monde politique et entrainé des commentaires de certaines personnalités publiques jugés irrespectueux voire honteux à l’égard de crimes tels le viol ou la tentative même d’agression. Leurs propos ont en effet choqué l’opinion publique et plus singulièrement ces propos ont choqué les femmes. A cette occasion, les associations Osez le féminisme, La Barbe et Paroles de femmes ont animé une manifestation dans Paris au nom de : « Sexisme, ils se lâchent, les femmes trinquent ».

Certains hommes en politique ou ailleurs s’étonnent parfois de l’émancipation féminine et de l’envol des femmes depuis plusieurs décennies. La femme a souvent été réduite à une description trop traditionnelle et banalisée de la mère ou la femme au foyer. Or, au 21ème siècle, la femme est moderne, affranchie, libre et indépendante. Respectée ? Cela n’est pas toujours le cas. Le respect et la considération envers les femmes sont encore parfois trop discrets dans certains milieux, ou alors sont marqués sur scène, mais en coulisse c’est autre chose, certains hommes sont encore sexistes voire misogynes.

Un bref retour en arrière nous permet de faire un point sur l’évolution des droits de la femme en France. En 1791, la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne d’Olympe de Gouges proclame les femmes comme êtres à part entière: « Les mères, les filles, les soeurs, représentantes de la nation, demandent d’être constituées en Assemblée nationale ». Mais il faut attendre un siècle et demi plus tard, soit le 21 avril 1944 pour que les femmes obtiennent le droit de vote et soient considérées comme des citoyennes à part entière. Date considérée assez tardive vis-à-vis de certains membres de l’Union Européenne.

Alors elles obtiennent le droit de vote certes, mais leur rôle à cette époque reste encore très réservé. C’est au lendemain des manifestations de mai 68 que les femmes s’affranchissent considérablement; mais une fois de plus, c’est bien plus tard dans les années 1990 que les femmes se révèlent, elles travaillent, elles concilient vie de femme, vie de maman et vie d’épouse: une femme accomplie. Enfin en 2001, la Loi Génisson affirme l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.

Malgré les lois en faveur de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, les lois contre la discrimination et le sexisme, la France s’illustre comme l’un des mauvais élèves de l’Union Européenne vis à vis de la parité hommes/femmes au Parlement. Comme le mentionne l’article la Citoyenneté politique des femmes sur le site Internet de l’Assemblée Nationale, la France se situe à la 18ème place parmi les 27 pays membres de l’Union Européenne. Loin derrière ses voisins allemand, belge, espagnol, autrichien et bien d’autres, la France est encore loin d’atteindre une totale parité avec un pourcentage de 18,54%. La Suède quant à elle, détient de loin la première place dans l’Union Européenne puisque le pourcentage des femmes députés atteint 46,7% alors que le taux moyen dans l’Union Européenne s’élève à près de 24%.

Finalement la question est peut être simple : Et si le monde politique français résistait toujours aux femmes ?

En quoi la combativité, l’ambition, la soif de réussir ne seraient pas légitimes au caractère propre de la femme ? De plus, les femmes ont-elles encore besoin aujourd’hui dans une société occidentale qui se veut juste et égale de justifier leur présence et leur implication en politique ou à la tête d’une multinationale ou tout autre position à hautes responsabilités ?

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