Wangari Maathai, la voix de la nature et des femmes au nom d’une Afrique moderne

Wangari Maathai nous a quittés dimanche 25 septembre à la suite d’un cancer. Cette femme libre, vive d’esprit, instruite et engagée a destiné sa vie à la protection de l’environnement, le maintien de la paix et les droits des femmes. Elle s’élève au rang des personnalités qui ont œuvré pour le progrès de la paix, les rapprochements des peuples, l’application des droits de l’Homme puisqu’en 2004 elle obtient le prix Nobel de la Paix. Wangari Maathai devint alors la première femme d’Afrique à recevoir ce prix.

Née le 1er avril 1940 dans un petit village du Kenya, Wangari Maathai prend vite son envol pour partir étudier. Encouragée par des parents progressistes, Wangari Maathai quitte son village natal, ses parents fermiers et ses petits cinq frères et sœurs dont elle prenait soin. A l’université de Nairobi dans un premier temps, puis elle part étudier à l’Université du Texas grâce à une bourse d’études obtenue. Elle accumule licence, master, PhD, à la fois au Kenya , aux Etats Unis et en Allemagne (Munich) et devient biologiste et professeur d’anatomie en médecine vétérinaire.

Très vite impliquée dans la politique de son pays, Wangari Maathai va personnellement s’investir en créant le green belt movement (mouvement de la ceinture verte) afin de préserver l’environnement. Pour cela, elle plante 7 arbres le jour de la Terre (célébré le 21 ou 22 mars) et rend notamment hommage par cette plantation aux sept femmes qui sont impliquées dans l’environnementalisme au Kenya. Opération lancée et réussie puisqu’en en seize ans 30 millions d’arbres ont été plantés. Cette action lui donna le surnom de « la femme/la mère des arbres ».  Ce n’est pas seulement dans l’écologie que Wangari Maathai se sent concernée mais également par la condition des femmes de son pays. Elle est vite nommée dirigeante du conseil national des femmes du Kenya. Son caractère libre et bien trempé conduit d’ailleurs son mariage au divorce tant son mari ne supporte pas de ne pas avoir « la main mise » sur sa femme. Le juge donna raison à l’ex mari de Wangari Maathai, et quelques plus jours Wangari Maathai confia à un journal que le juge devait être corrompu pour être d’accord avec les propos de son ex-mari. Propos qui lui valurent quelques jours en prison.

Wangari Maathai est une femme affirmée et compte bien le démontrer par des actions audacieuses, voire jugées risquées pour sa propre vie. Elle s’opposa par exemple à la construction d’une maison de luxe d’Arap Moi (Président du Kenya de 1978 à 2002) pour protéger l’environnement et les quelques acres de terre qui devaient être exploités. Action qui mèna fin au projet de l’ex-président kenyan. Mais à force de lever la voix, Wangari Maathai met sa vie en péril et accumule les menaces de mort, notamment lorsqu’elle quitte sa fonction de secrétaire d’Etat de l’environnement qu’elle occupa entre 2003 et 2005 pour avoir accusé le Président Mwai Kibaki de fraude lors de sa réélection en 2007.

Une femme de caractère, engagée et déterminée qui sacrifia sa vie pour préserver ou plutôt « réparer » la Terre.

Source: Le Monde

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