Lycéennes nigérianes enlevées : le monde se mobilise !

Comme toutes les femmes du monde, et plus particulièrement comme la plupart des femmes dans les sociétés occidentales, j’ai la chance de vivre dans un environnement privilégié. J’ai eu la chance enfant et adolescent d’apprendre grâce à l’éducation que m’a transmise mes parents dans un premier temps puis grâce aux études que j’ai moi-même choisies d’entreprendre en France et à l’étranger. Alors apprendre que plus de deux cent jeunes filles ont été enlevées au Nigéria pour avoir eu accès à l’éducation me révolte profondément. C’est un droit qui est trop souvent bafoué dans bon nombre de pays sous développés alors que c’est le seul droit qui peut faire progresser une société en éduquant les hommes et les femmes sur le respect, l’égalité et la sécurité. 

Depuis bientôt un mois, l’inquiétude est grandissante dans le monde entier suite au tragique enlèvement de plus de 276 lycéennes nigérianes enlevées le 14 avril 2014 par le groupe islamiste Boko Haram. (Notez que 53 d’entre elles ont réussi à s’enfuir mais 223 restes prisonnières.)

Premièrement, une question se pose : mais qui est [sont] Boko Haram ? Que veulent-ils ?

Il s’agit d’un mouvement religieux qualifiée par certains de secte opérant au Nigeria. Les Etats-Unis l’ont classé comme organisation terroriste, notamment après l’attentat suicide en 2011 au siège des Nations Unies à Abuja (capitale fédérale du Nigéria) qui causa la mort de 23 personnes et en blessa plus de 80 autres. (Source : Homeland Security). Le groupe Boko Haram a été créé en 2002 par Mohamed Yusuf dont l’idéologie s’insipire tout droit des Talibans d’Afghanistan. Xavier Raufer, conseiller politique, explique dans une interview il y a quelques jours pour le site Internet Boulevard Voltaire que Boko Haram voulait rétablir à la base l’éducation religieuse au Nord-Nigéria, dans la langue locale, Boko Haram signifierait : « éducation à l’occidentale religieusement interdite » ou « l’éducation occidentale est un péché ». (Source : Entretien avec Xavier Raufer, Boko Haram : 10% d’islam, 90% de coutumes tribales.) Boko Haram veut depuis sa création instaurer la charia au Nigéria divisé entre le Nord (majoritairement musulman) et le Sud (principalement chrétien). Alors que le groupe disait respecter leur projet initial dans les années 2000, il sombre en 2009 dans la violence sous l’influence d’un nouveau maître, un véritable gourou sanguinaire : Abubakar Shekau. Cet islamiste radical multiple alors les attentats contre des églises, des bâtiments officiels, des politiques et prône la guerre contre l’actuel président nigérian Goodluck Jonathan. Rappelez-vous, en février 2013 le groupe extrémiste Boko Haram avait enlevé une famille française les Moulin-Fournier, expatriée au Cameroun, alors en visite d’un parc animalier le jour de leur enlèvement.  Ils avaient finalement et heureusement été libérés après deux mois de captivité. (Source : Slate Afrique). Boko Haram avait également opéré en février dernier contre des étudiants en lançant des explosifs contre un internat où 43 jeunes garçons (âgés de 8 à 11 ans) avaient trouvé la mort. Apparemment seuls les garçons était visés. (Source : Le Monde) Pourquoi n’avons-nous pas entendu davantage parler de ce groupe terroriste dans nos médias (en Occident) lors de cette attaque qui visaient déjà des jeunes qui souhaitaient une seule chose : apprendre. 

Le 5 mai 2014, Boko Haram revendique officiellement l’enlèvement des lycéennes dans le nord-est du Nigéria. Abubakar Shekau, déclare : « J’ai enlevé vos filles. Je vais les vendre au marché, au nom d’Allah.«  Il affirme qu’elle seront traitées en « esclaves » et « mariées de force« .(Source : Les Echos). Certaines auraient d’ailleurs étaient déjà vendues pour $12 chacune. Dans une vidéo diffusée par AFP ce lundi 12 mai, Aboubaka Shekau affirme que les lycéennes se sont converties à l’islam et on peut les voir toutes voilées lors d’une prière collective. Le leader du groupe Boko Haram exige à présent la libération de prisonniers si les familles souhaitent revoir leurs filles, leurs soeurs, leurs amies. Le gouvernement nigérian a de suite refusé cette proposition : « il n’est pas question d’échanger une personne contre une autre. » […] « Ce n’est pas à Boko Haram et aux insurgés de poser leurs conditions ». (Source : Le Monde)

Aujourd’hui le monde entier s’élève contre l’intégrisme religieux et manifeste pour l’éducation et la liberté. Depuis les quatre coins du monde, Michelle Obama, Malala Yousafzai (qui elle-même a survécu à un attentat contre sa vie pour prôner l’éducation des filles au Pakistan), mais aussi des écoles, des associations, des gouvernements témoignent leur soutien aux familles nigérianes et réclament qu’ils nous rendent nos filles. Une véritable campagne s’affiche sur la toile avec le message « Bring Back Our Girls« .

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Hilary Clinton rappelle sur son compte Twitter que :  « L’accès à l’éducation est un droit fondamental et une raison impensable de cibler des innocentes. Nous devons combattre le terrorisme. » (Source Twitter : @HillaryCliton) ! Nous devons nous battre pour la liberté des femmes, des hommes, des enfants à travers le monde quelque soit notre religion, nos croyances et nos coutumes. Boko Haram est à prendre très sérieux et nous espérons que la communauté internationale réussira à contrer les attaques de tels groupes terroristes.

Pour l’heure, nous devons tous signer la pétition BringBackOurGirls !

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