Ma rencontre avec les Maasaï / Meeting the Maasai People

Mi-juin, cap sur le Kenya pour découvrir un pays haut en couleurs et si différent de tout ce que nous avions vu dans nos voyages précédents. Avant de nous aventurer au cœur de la savane, nous passons une journée avec les Maasaï (Massaï), ce peuple de guerriers de l’Afrique de l’Est. Un moment que j’attendais particulièrement, pouvoir les rencontrer, comprendre leur culture, leurs traditions et entrer en contact avec les femmes et les enfants. J’appréhendais un peu le côté ‘attraction touriste’, la rencontre est encadrée certes mais entièrement authentique, nous sommes ravis. Arrivés dans le village situé sur la route entre Nairobi et Amboseli, notre guide francophone et notre chauffeur nous laissent auprès de Leonard (prénom bien occidental me direz-vous mais pourtant 100% Massai). Nous sommes seuls avec lui, nous prenons place autour d’une table, il nous sert un café et nous commençons à discuter.

Big trip to Kenya to discover an amazing country and so different from anything we have seen previously. Before meeting the big five, we spent a day with the Maasai tribe. An exceptional moment I was really looking for: learning about their culture, traditions and getting in touch with women and children. We spent a day with Leonard in a small village out of nowhere between Nairobi and Amboseli.

Il parle parfaitement anglais, j’ai un tas de questions en tête, par où commencer ? Est-ce que nous pouvons parler de tout ? Y a-t-il des tabous ? Leonard nous présente une très grande tente parfaitement aménagée que nous avons à disposition pour la journée avec plusieurs lits et une salle de bain, tout ce qu’il y a de plus commun dans nos sociétés développées. Comme une fierté pour lui de nous proposer un tel confort. Nous y passons à peine 5 minutes, nous sommes plus pressés de le rejoindre et d’en savoir plus sur son village. Nous partons marcher à peu près un kilomètre sous un soleil de plomb (et pourtant c’est l’hiver là-bas), nous côtoyons chameaux et oiseaux sur le chemin, puis nous commençons à entendre un chant.

Leonard, the chief perfectly speaks English, I have a lot of questions in mind, where to start? Can we talk about everything? We quickly drink a coffee with him and we start walking about a kilometer to go and meet some people of his village. On our way, we start listening to a song, like a welcome song.

Quatre femmes Massaï, vêtues de leurs plus beaux bijoux nous accueillent avec un chant de bienvenue, nous demandons si nous pouvons les prendre en photo et vidéos puis nous les rejoignons et elles continuent de chanter avec nous parmi elles, j’avoue nous sommes un peu perdus voire gênés mais le moment est unique ! Elles terminent, nous échangeons nos prénoms, des poignées de main mais comprenons vite qu’elles ne parlent pas anglais et que nous n’aurons pas plus de contact direct avec elles. Leonard revient vers nous et nous fait visiter une maison type, fabriquée de branchages entrecroisés et de bouse de vache en guise de consolidation. A l’intérieur nous sentons rapidement une odeur de feu, de soufre qui est très oppressante, il nous explique et nous en dira davantage après le déjeuner pendant notre discussion qu’une ONG allemande est en train de travailler avec le village pour mettre en place des nouveaux systèmes de cuisson dans les maisons avec des conduits d’air pour favoriser l’évacuation de la fumée vers l’extérieur alors qu’aujourd’hui elle est pleinement gardée dans la maison ce qui provoque de nombreux problèmes respiratoires chez les femmes et les enfants. Mon mari s’essaie à l’exercice du feu avec Leonard, Youssef un autre homme Massaï et notre guide Ahmed pendant que de mon côté je tente d’apprivoiser les enfants, on se touche les mains, je leur dis mon prénom, leurs mamans me disent les leurs mais c’est difficile de communiquer. Nous avons peu de temps et repartons sur le camp de base pour déjeuner avec Leonard et Youssef.

We glimpse four Maasai women, they are dressed with their traditional outfit and all their jewelry. They are singing for us a welcome song, we ask Leonard if we can take pictures and videos before doing so, and then we join them and they continue to sing. I have to say we are feeling a little lost and even a bit embarrassed but this moment is totally unique! When they finish the song, we exchange our names, we hand shake but we quickly understand that they do not speak English and we cannot have more contact with them. We visit a typical house, made of interwoven twigs and cow dung to consolidate the walls. Inside we can feel a burning smell like sulfur that is very oppressive, he explains that a German NGO is currently working with the village to set up a new cooking system with a special chimney to release the smoke that causes today many respiratory problems for women and children as they spend a lot of time at home. After this visit, my husband tries to make fire with Leonard and Youssef, another Maasaï man while on my side I’m trying to socialize with children. We touch ourselves our hands, I tell them my name, their moms tell me theirs but it’s hard to communicate. We have very little time and we head back to the base camp for lunch.

Le déjeuner fini, nous prenons le temps de parler, nous abordons plein de sujets et nos questions s’enchaînent.

After lunch, we spend some time to discuss with Leonard.

Comment s’organise la vie du village ? Il nous explique premièrement que les Massai étaient jadis un peuple très nomade mais sont devenus au fil du temps un peuple semi-nomade voire sédentaire pour la majorité d’entre eux. Les villages sont peuplés d’un millier de personnes en moyenne, gérés par un chef du village mais la démocratie prime. Chaque semaine, tout le village entier se retrouve pour discuter des actions à entreprendre dans le village, parler des éventuels conflits qui peuvent exister (mais Leonard nous explique que les Massai sont un peuple très calme), des finances du village, etc. Leur mercredi des ministres en quelque sorte.

Village Life: First, he explains that the Maasai used to be nomadic people but have become over time a semi-nomadic and even sedentary for most of them. About 1,000 people in every village, managed by a chief but the management is very democratic. Every week, everybody meets to discuss about current projects of the village, talk about the eventual conflicts that may exist (but Leonard explains that the Masai are very peaceful people), or financial issues.

Que pouvez-vous nous dire sur les rôles de l’homme et de la femme ? Leonard est très objectif sur les inégalités entre les hommes et les femmes; ayant étudié et vécu en dehors de sa communauté (il a un doctorat en sociologie), il est très critique sur la situation actuelle. Clairement, il reconnaît que les mentalités doivent évoluer. Les femmes font beaucoup pour la communauté : elles tiennent la maison, s’occupent des enfants, vont chercher l’eau et le bois pour le feu. Les femmes accomplissent de nombreuses tâches mais pour elles l’accumulation et la pénibilité des tâches sont parfaitement naturelles.  Les hommes quant à eux, gardent les troupeaux, marchent et discutent beaucoup entre eux.

Women & Men: Leonard is very honest about inequality between men and women; he studied a PHD of psychology and lived outside the community so he is very critical of the current situation of his tribe. Clearly, he recognizes that behaviours and traditions must change. Women do a lot for the community: they take care of the house, they look after children, they go and get water and firewood. Women perform many tasks but doing so remains perfectly natural for them. While men keep the herds, walk and talk together.

Nous prenons parfois des pincettes pour poser certaines questions comme celle des mariages arrangés.

Est-ce que les Maasaï se marient librement ou selon les vœux de leurs parents ? Les mariages arrangés existent bel et bien chez eux, Leonard nous raconte : « souvent nous en discutons entre amis, nous sommes bons amis, nos enfants se connaissent alors nous nous disons que nos enfants pourraient se marier ensemble, nous validons cela entre pères de famille puis nous informons nos enfants… Ensuite vient la grande fête, tout le monde danse et leur amour est célébré. » Les Maasaï sont cependant très ouverts et tolérants, ils acceptent que leur fils ou leur fille se marie avec une personne hors de leur village ou même une personne non Maasaï, un chrétien, un musulman… L’ « étranger » devra cependant vivre selon les règles Massaï, sauf si la personne Massaï par amour décide de quitter le village, elle n’en sera pas reniée pour autant. Les Massaï croient en Dieu et surtout en la nature. Ils n’ont pas de culte religieux ou pratique particulière, ils sont simplement reconnaissants de tout ce que la nature leur offre et croient en un Dieu au-dessus qui leur offre tout cela.

Maasai way of getting married: Most of the weddings are arranged marriages, Leonard explains: « The way it happens is simple, we are good friends, we discuss together, our children know each other, they get along, then we tell them that they could get married together, we validate it between fathers and then we inform our children … so, comes the big party, everyone dances and love is celebrated. » The Maasai are however very open and tolerant, they accept that their son or daughter marries someone outside their community or even a not Maasai person, she/he could be a Christian, a Muslim … The Maasai believe in God and especially in nature. They have no particular religious practice, they are simply grateful for everything nature offers and believe in a God who is above and who gives all of that.

Puis vint une question plus sensible et beaucoup plus personnelle que je souhaite poser mais je ne sais pas comment, alors je lui demande « Est-ce que l’Etat vous aide à préserver votre communauté, soutient-il votre mode de vie ? »  Très vite Leonard me répond que l’Etat ne tolère pas certains points, je demande alors tout bas « l’excision » ? Ce à quoi il répond, « exactement ». Il nous raconte que c’est la pire tradition Maasaï, il est contre mais cette coutume perdure encore dans de trop nombreuses familles. « Comment y remédier alors ? »  Il nous dit que c’est un véritable travail de fond et que malgré les discussions et explications apportées par les différents ONG ou l’OMS, seules des figures Maasaï pourront faire entendre raison aux leurs. Il s’arrête là, nous n’en parlons pas davantage.

Excision: Leonard tells us that excision is the worst Maasai tradition, he is himself against this custom that still persists in too many families. « How to fix it then? » He said it is a real substantive work and that despite the discussion and explanations provided by various NGOs or WHO, only important Maasai people could tell them to stop and why we need to stop that.

Puis nous lui demandons comment ils se soignent ? Font-ils appel à la médecine traditionnelle et/ou à la médecine moderne ? Il nous dit que la médecine traditionnelle est encore très utilisée (pour les petites blessures de la vie quotidienne ou même pour les fièvres et cas de Malaria), par contre ils vont à l’hôpital quand les enfants sont malades. Quant à l’accouchement, les femmes accouchent toutes dans le village, nous comprenons que dans chaque village il y a des sage-femmes, des femmes Maasaï  qui ont été formées par les anciennes et qui assistent les accouchements à venir.

Traditional/Modern health care: Traditional medicine is still widely used (for small injuries of everyday life or even for fevers and cases of Malaria), however they go to the hospital when the children are sick. As for delivery, all women give birth in the village, we understand that in every village there are midwives, Maasai women have been trained by the oldest and now they take care of women giving birth. 

Nous finissons cette chaleureuse discussion par lui raconter un peu nos vies, la manière dont nous venons de nous marier, nous lui montrons même des photos. Enfin nous partons marcher une bonne heure avec Youssef qui nous en dit un peu plus sur la nature et les animaux, puis direction la réserve naturelle d’Amboseli.

Asanté Sana Kenya !

We finish this very nice day with the Maasai by going for a long walk with Youssef to understand a bit more the nature and the different animals we’ll see later during our trip. Meeting the Maasai was an amazing luck and I truly enjoyed learning more about their culture and their traditions. 

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